À propos
Floraison fait pousser un herbier. Chaque clic dépose une tige sèche à un endroit tiré au hasard, avec sa hampe, ses ramifications et ses graines. Rien n'est répété : la forme est calculée à chaque fois, et deux tiges ne se ressemblent jamais tout à fait. À mesure que la feuille se charge, les nouvelles poussent plus grandes et plus appuyées, jusqu'à ce que l'encre ait tout recouvert.
L'intention
Il n'y a pas d'image de fleur quelque part dans le programme, ni de collection de dessins à recopier. Il y a une règle de croissance : une tige part d'un point, se courbe un peu, se divise, et recommence sur chacune de ses branches en plus court. La ressemblance avec une gypsophile sèche ou une ombelle de carotte sauvage n'est pas un décalque, c'est ce que produit la règle.
Le geste de départ tient en une phrase : semer, et voir ce que la feuille devient quand on ne s'arrête pas.
D'où vient l'idée
La division récursive d'une branche est un principe ancien, décrit par Lindenmayer pour la croissance des plantes et repris depuis par tous ceux qui dessinent des arbres avec des règles plutôt qu'avec la main. Ce qui change ici tient à deux partis pris. Le trait d'abord : aucune surface pleine, aucune couleur, des hampes sous le pixel qui ne deviennent grises que par accumulation. Le remplissage ensuite : une page qui se noircit par saturation d'encre, sans qu'aucun fond ne soit jamais assombri.
Le rideau vient d'ailleurs, de l'écartement d'un feuillage quand on y passe la main. C'est la seule chose qui bouge sur cette page, et elle ne bouge qu'à la demande.
Ce qui reste chez vous
Le dessin ne quitte pas l'appareil. Tout le calcul a lieu dans le navigateur : la croissance des tiges, le tracé, la mesure de saturation, l'écriture des fichiers. Aucune requête n'est émise vers un domaine tiers, aucune fonte n'est chargée à distance, aucun cookie n'est déposé, aucune mesure d'audience n'est faite. Il n'y a donc rien à accepter en arrivant sur cette page.
Rien n'est conservé non plus d'une visite à l'autre : fermer l'onglet efface la feuille. Les fichiers exportés sont écrits localement, par le navigateur, dans le dossier de téléchargement habituel.
Fabrication
Une seule page, sans dépendance ni bibliothèque. La géométrie de chaque tige est calculée une fois puis conservée en mémoire sous forme de suites de points, ce qui permet de la retracer à n'importe quelle taille sans perte, et d'écrire un SVG aussi bien qu'un PNG. Le dessin est tenu dans une image de réserve à laquelle chaque tige s'ajoute, ce qui laisse le coût d'un clic constant, quel que soit le nombre de tiges déjà posées.
La page applique le système de design de Waveframe : papier blanc et encre noire, aucune couleur, aucune ombre, aucun angle arrondi, aucune icône. Deux familles typographiques, un serif pour les titres et un monospace pour tout le reste. Une grille en tiers dont le premier reste vide, réservé aux dates, aux mesures et aux étiquettes. Les états s'y disent par un filet, une graisse, une inversion ou une position, jamais par une couleur. C'est pourquoi l'inversion en blanc sur noir est un réglage de la feuille et non un thème de la page : le système fixe la page en blanc.
Suites
Deux directions sont ouvertes. Une croissance qui tiendrait compte de ses voisines, où une tige serrée entre deux autres chercherait la lumière plutôt que de les traverser. Et un semis dirigé, où la densité suivrait une forme dessinée à la main sur la feuille, de sorte que la saturation compose une image au lieu de couvrir uniformément.